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samedi, 10 octobre 2015

Les angoisses et les apréhensions pré bypass

Avant l'opération :

- Le FOGD (fibroscopie oeso-gastro-duodénale) : on va filmer mon estomac pour savoir s'il est en état d'être charcuté. Pour ce faire, un fibroscope (câble avec une camera au bout) va être inséré par la bouche jusqu'à mon estomac ......

- La semaine au fromage blanc juste avant l'intervention (c'est pas très grave mais j'ai un peu peur de péter un câble... ça ne devrait pas arriver, je fais confiance à ma force mentale et pis hé (épihey!) c'est qu'une semaine !!

 

Après l'opération :

- La douleur

- Le TOGD (Transit oeso-gastro-duodénal) : 1 jour seulement après l'opération on vous fait avaler un liquide bleu totalement dégueu' puis un examen d'imagerie médicale (une radio sans doute) pour voir si ce liquide passe bien dans les bons tuyaux et s'évacue normalement. Peur de renvoyer le liquide en l'ingérant et créer des difficultés pour la bonne conduite de l'examen ... 

- Le comportement digestif (diarrhée / constipation / douleur)

- Les vomissements répétés

- Avoir faim (ça compte, quand même) et ne pas perdre de poids (je crève de trouille)

 

10:36 Publié dans Bypass, Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bypass

mercredi, 07 octobre 2015

Résumé obligatoire

Par où commencer ...

 

Bon, voilà. Je suis en surpoids depuis très, très longtemps. Un surpoids qu’on m’a toujours reproché, me faisant comprendre que je mangeais trop, trop mal, que je ne faisais pas de sport.

Et j’y ai longtemps cru, vraiment. Je suis une bonne vivante, j’aime bien manger gras salé sucré, pas « trop », mais beaucoup… Par contre pour le sport c’est un peu injuste, j’ai fait du tennis pendant 10 ans, du karaté pendant 8 ans, de la natation depuis mon plus jeune âge, et tous mes déplacements à pied ou à vélo, on ne peut donc pas dire que j’ai beaucoup végété à l’âge où on me l’a reproché. Je suis passé par la case diététicienne, ça n’a pas aidé, une dermato et un kiné qui m’ont dit crument que je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même, … tout le monde, ma famille, mes amis, le corps médical, m’ont toujours reproché de ne pas faire d’effort.

Il y a quelques années, en 2010, j’ai un peu craqué dans ma tête. Je ne me supportais VRAIMENT plus, il fallait que ça bouge, que ça change, que j’arrive enfin à m’aimer ! J’ai fait appel à un de mes meilleurs amis qui m’a torturée pendant 2-3 mois (5 heures de sport intensif par jour et des portions de nourriture absolument ridicules), avec un résultat assez optimiste de -20 kg ! Je pensais avoir trouvé la solution à mon problème, sauf que j’ai commencé à faire malaise sur malaise et développé des crampes musculaires en puissance… Du coup, j’ai stoppé ce programme débile qui de toute façon ne pouvait pas durer dans le temps et qui a fini par me faire reprendre tout le poids perdu, évidemment.

 

Parallèlement à ça, il y a une chose importante à savoir : j’ai une morphologie des plus bizarres. Absolument pas féminine, toute ma graisse se concentre sur le haut du corps, ventre dos et cou, et je n’ai pas vraiment de fesses ni de poitrine ni de hanche. Des bras et des jambes très musclés, avec une absence totale de tissu adipeux sur les muscles. Etrange non ?

J’ai donc entamé un suivi médical endocrinien (les hormones) afin de savoir s’il n’y avait pas de dysfonctionnement physiologique qui expliquerait mon apparence bizarre et mon surpoids beaucoup trop important face à mes habitudes de vie. Je passe les années de galère et de stress à chercher des tumeurs partout … Rien n’a été trouvé, jamais. Et puis l’année dernière, couperet ultime qui tombe : j’ai du diabète.

Je fais très attention à mon alimentation et je ne mange pas de sucre, mais j’ai du diabète !! C’est quoi ce bordel ??

Au final, la réponse à tous ces mystères est une maladie génétique rare : lipodystrophie partielle de Dunnigan, une mutation génétique qui affecte mon système endocrinien et me fait stocker tout ce que je mange sans le transformer en énergie, et en plus qui me donne cet aspect bizarre. 

 

J’ai pris des médocs pendant un an pour ça, et ça ne change rien… Dernière solution à envisager, c’est le bypass gastrique. J’ai été révoltée la première fois qu’on m’en a parlé, et puis petit à petit l’idée a fait son chemin … aujourd’hui je l’envisage avec espoir. C’est peut-être la fin du diabète, des douleurs, de la fatigue chronique, et surtout, surtout, surtout, avec un peu de chance, une révolution physique ……………

Quand j’y pense, pouvoir ressembler à la fille que je suis à l’intérieur depuis très longtemps … Ce serait extraordinaire… Le début réel de ma vie telle que je me dois de la vivre.

Je n’arrête pas d’y penser. Et je finis par en devenir dépendante. Et si je pouvais enfin montrer à tout le monde que je ne suis plus une grosse monstrueuse ? Que je peux séduire les hommes ? Que je peux prendre ma revanche sur la vie, sur les gens, et leur montrer, LEUR MONTRER !

J’ai rendez-vous avec mon endocrinologue le 24 octobre, et on lancera tout ça. En attendant, je vais prier…

 

dimanche, 04 octobre 2015

L'histoire de ma vie !

Oh woopidoo ! Je voudrais marcher comme vous... et parler comme vous, faire comme vous, tout ...

Un singe comme moi pourrait, je crois, être parfois bien plus humain qu'vous... !

 

King Louis, le livre de la jungle

lundi, 28 septembre 2015

Voisinage

Je m’appelle Zlatan, j’ai 35 ans. Si je suis là aujourd’hui, c’est parce qu’il y a quelques mois, je suis parti de chez moi. J’ai quitté, non, j’ai fui mon pays, ma patrie, ma terre. Quant à savoir si c’est du courage ou de la lâcheté, je laisse la polémique à ceux qui, bien installés dans leur canapé, referont le monde à coup de verre de vin. Les têtes bien pensantes, les érudits, les éclairés. Moi j’ai pas le temps pour tout ça. Non pas que j’aie un emploi du temps de ministre, mon agenda est plutôt vide en ce moment, mais c’est dans ma tête que j’ai pas le temps. C’est mon estomac qui me dicte mes priorités. Aujourd’hui je suis là, demain on verra, mais maintenant, là, c’est de la nourriture qu’il me faut, pas une bonne conscience ni l’aval de la bonne morale. 

Je suis presque tous les jours au même endroit, devant un petit café, un bistrot qui fait tabac et qui ameute plein de gens à toute heure. Je reste assis là pendant des heures, j’essaie de rester souriant en toute occasion, ça appelle la générosité j’ai remarqué. Y a une dame qui passe souvent, un jour elle m’a donné deux euro en repassant, depuis je lui dis tous les jours « bonjour madame » avec mon accent d’étranger. Mon accent bien sûr on ne l’entend pas là, l’écrit ça anonymise beaucoup, mais quand j’ouvre la bouche on l’entend bien. Les R un peu roulés, on sent que je suis pas d’ici. Ça n’a pas d’importance mais parfois je me dis que ce serait peut-être mieux qu’il disparaisse, que j’oublie un peu mes racines, que j’aille les re-planter pas loin, dans un autre parc. Et une fois que je me suis dit ça, j’ai honte. Honte que la seule idée d’oublier qui j’étais m’ait traversé l’esprit. Je sais qui je suis, je sais d’où je viens, c’est ce qui fera ma force demain.

Des fois je bouge un peu, je vais passer le weekend sur le joli boulevard du coin, j’ai un peu l’impression d’être en vacances… Un vacancier, piéton pour l’occasion, qui a laissé la Rolls au jardinier.

J’ai essayé de travailler une fois, j’ai voulu faire ce que je faisais quand j’étais là-bas avec ma famille. J’étais ouvrier dans une petite usine de boîtes de conserves. Mais ici, sans les papiers qu’il faut, tu travailles pas. Il te faut un toit pour travailler, alors que toi tu voudrais travailler pour avoir un toit.

Et des fois, je bois avec mes copains de fortune, mes copains de galère, mes copains de misère. Ça arrive moins souvent que vous ne l’imaginez, mais ça arrive déjà trop. L’alcool, ça permet d’oublier presque tout, la solitude, le désarroi, même le froid parfois, mais ça résout jamais rien. Après on voudrait oublier qu’on boit, mais on peut pas oublier ça en buvant. Putain de cercle vicieux.

Je m’appelle Zlatan, j’ai 35 ans, et j’existe.

 

21:13 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0)

Douceur du palais

Première couche, un peu de sauce. A la viande ou aux légumes, toute l’onctuosité du plat se tient là, dans le fond du plat. C’est la base, ni plus ni moins ! C’est ce qui fera que le repas sera réussi ou non. Que les assiettes vides demanderont à être à nouveau pleines, ou non.

Bœuf ou aubergines, courgette ou saumon, il y en a pour tous les goûts. Après tout, les lasagnes sont comparables à la vie : les couches qui se superposent, les éléments pris séparément forment ce mélange pour créer la magie et le subtil grain de folie qui font que la vie est belle. Et bien plus encore, ces couches qui se répètent et se superposent, ces couches qui n’ont rien en commun, s’unissent à leur façon pour ravir nos sens. Les ravir, oui, car nos sens, elles nous les volent bel et bien, et elles les mettent à rude épreuve tant ils sont sollicités… L’odeur est enivrante, les textures fermes et fondantes, le goût explosif et chaleureux, une bouchée de cette fusion parfaite et vous voilà parti au fin fond de la Calabre italienne, retrouver les Mamma et leur mains pleines de farine, à pétrir la pâte encore et encore sur un rythme à faire pâlir les plus grands galériens de toute l’histoire de la galère. 

 

Avec un plat comme celui-là, on retrouve finalement la douceur d’une envie, celle de tout dévorer, cette inextricable sensation de désir, goûter le fruit d’une création complice, résultat d’un mélange de saveurs, une superposition d’éléments qui s’unissent pour créer une fusion, une connivence, une troisième note de musique, chantée à l’unisson par les gourmands qui en redemandent, encore et toujours…